Résumé de l’article précédent

Alors dans l’article précédent j’ai chargé un peu la dose mais je dois dire que c’est un peu mon guide que je suis en train de réaliser pour me souvenir de comment ça se passe quand on doit faire tout ça. Imaginez un peu : je pars de zéro, j’ai tout à découvrir et je vais devoir reproduire toutes ces opérations ou au moins la plupart d’entre elles sur la durée alors que je ne suis même pas vraiment certain de faire ça correctement dès l’origine.

Cela dit, c’est formateur et je trouve ça intéressant de pouvoir faire partager le cheminement de quelqu’un qui veut entrer dans le monde de la musique après en être plus ou moins sorti quelques années auparavant… Les choses ont quand même pas mal évoluées et avec l’intelligence artificielle on atteint un palier encore jamais égalé jusqu’à présent au niveau de la créativité musicale. En tout cas, c’est comme ça que je le perçoit puisque l’IA me laisse tout pouvoir pour faire exactement ce que je souhaite faire, dans certaines limites raisonnables néanmoins.

Un texte « sale » ou rempli d’injures aura toujours plus de mal à passer au niveau de la censure de SUNO mais bon… Le déchet musical est une drogue dure et il est difficile de s’en passer, même si parfois il faudrait pour le bien de nos oreilles à tous ! Néanmoins, je dois avouer qu’en termes de déchet la tendance est plus au recyclage qu’à la déchetterie sauvage et il semblerait que ce qui passait pour du déchet musical puisse finalement être valorisé. Comme quoi même quand on fait de la merde…

En fait, je n’ai plus tant que ça l’impression de faire de la merde ; en réalité, je regarde ce que je fais et ce que j’ai fait avec un nouvel angle de vue. Ce que je faisais jusqu’à présent a toujours été une base qui pouvait être sublimée et je ne m’en suis jamais caché. De mon point de vue, les meilleures compositions que j’ai faites sont celles où les autres musiciens ont apporté leur talent. C’est leur apport qui a permis de transformer et sublimer certaines compositions qui sont venues garnir le répertoire des différents groupes que j’ai monté ou auquel j’ai participé. Aujourd’hui, c’est l’IA qui a pris le relais… et je suis tout seul à la barre !

Est-ce que du coup, mes compositions de départ sont toujours sublimées ou est-ce que ça reste du déchet valorisable ?

18. Valorisation d’un déchet musical

Vous avez le droit de penser que je suis un provocateur et que je fais volontairement preuve de mauvaise foi quand je vous parle de mes compositions et que je vous dis qu’on est très proche du déchet musical. Avant toute chose, il faut comprendre que ce que j’appelle un « déchet musical », c’est avant tout une composition qui n’est pas exploitable en tant que tel. Une musique que vous ne pourriez pas faire écouter au public pour diverses raisons : les arrangements musicaux ne sont pas terminées, il manque des instruments, il n’y a pas de chant, la qualité de l’enregistrement est mauvaise, la piste est coupée ou interrompue par quelque chose ou quelqu’un… Bref, les raisons ne manquent pas pour qualifier un « déchet musical ». En réalité, outre le Live, les maquettes studio (ou home studio) et certaines répétitions avec une table de mixage, on peut considérer tout le reste comme « déchet musical »… Et c’est quasiment toute l’essence des albums PrEvIoUsLy UnReLeAsEd qui sont des collections de déchets musicaux, notamment jusqu’au volume 4.

« Truth », dans sa version PrEvIoUsLy UnReLeAsEd de 1998

Voici une parfaite illustration de ce que je définis comme un « déchet musical ». Dans « Truth », il n’y a que la guitare et la basse avec un son qui sature pour la basse et un son de guitare qui a autant de puissance qu’un moustique asthmatique. C’est « noisy » voire « moisi » en bon français dans le texte et c’est proprement pour ça que je n’ai pas pu exploiter la piste d’origine (oui oui, il n’y en a plus d’autres, c’est la seule que j’ai pu récupérer après deux pertes de disques durs et l’impossibilité de relire certains CD et même des DVD) pour générer ces compositions. Je l’ai démontré précédemment : on peut partir d’une piste saturée mais à la sortie le résultat est dégueulasse… Donc si je fournis de la merde en entrée, c’est normal que j’en reçoive en sortie. Il n’y a ni magie ni miracle dans les algorithmes !

Vous noterez également (ou non) l’absence de texte ou de paroles sur cette démo. En effet, en 1998 je compose peut-être mais je ne suis que bassiste et pas (encore) chanteur du groupe Metal Acid. Je ne me suis donc pas cassé la tête à écrire des paroles puisque de toute façon je n’allais pas chanter (à priori). En attendant, même si je n’ai pas écrit de paroles ou chanté quoi que ce soit dessus, j’avais quand même ma petite idée sur ce qu’allait contenir cette chanson et comme à l’époque j’étais déjà un maniaque de l’archivage et de la sauvegarde des traces du travail réalisé, j’ai pris la peine de faire quelque chose de totalement inutile à l’époque. Je me suis ouvert un tout petit fichier de quelques kilooctets qui se nomme « Ze BOOK of NOTHING (and all) » dans lequel j’ai consigné quelques infos sur les chansons du tout premier PrEvIoUsLy UnReLeAsEd… à propos de « Truth », voilà ce qui est indiqué :

Dernière modification le 11 mai 2000 à 08:06. C’est pas tout jeune !

Avant que vous ne posiez la question, j’ai considéré qu’il y avait eu trois générations de compositions avant de réaliser le premier PrEvIoUsLy UnReLeAsEd. La première génération c’étaient des chansons simples en français sur 2 ou 3 accord maximum ; c’était vraiment le début et il fallait bien commencer par quelque chose en composition. Évidemment, c’est la génération des enregistrements à l’arrache comme on peut quand on peut avec tous les inconvénients qui vont avec : son dégueulasse, saturation, pains (et pas qu’un peu) et alors au niveau chant, on peut d’ores et déjà comprendre que je ne suis pas un chanteur-né ! Crécelle d’Argent 1998-1999 en mode authentique. Un doute ? Une preuve :

Chanson de première génération : « Vomir »… enjoy, c’est cadeau !

Alors on sera d’accord sur deux points si vous estimez que c’est très simpliste et que les chansons en français sont à proscrire dans mon cas. Vous aurez aussi sans doute remarqué le souffle caractéristique qu’on retrouve sur tous les enregistrements de cette époque qui perturbe violemment l’IA qui le considère comme un instrument à part entière et qui ensuite génère des pistes saturées de souffle… Bref, comme je l’ai dit, il fallait bien commencer quelque part et les presque 200 « chansons » de la première génération ont tout de même permis de progresser jusqu’à la seconde génération de chansons. Comment vous définir cette seconde génération ? Un extrait serait sans doute la bienvenue :

Chanson de seconde génération : « The Top Of The Hill » – En acoustique et à la guitare.

Le fossé qui sépare la première de la seconde génération est assez large. On est passé de compos à 3 ou 4 accord à des compos bien plus structurées composées de 3 ou 4 riffs voire plus dans certains cas, avec de l’intro, du pont et de l’outro entre les couplets et les refrains. Bref, c’est quand même largement plus structuré et on a laissé le chant de côté pour se concentrer sur la musique elle-même. Celle-ci n’exclut toujours pas les pains, le souffle et la saturation de l’instrument lui-même mais au moins il y a une réelle progression et une véritable tentative de composition. Dans la seconde génération on ne fait plus de chansons pour rigoler mais on se penche très sérieusement sur la composition et on commence à écrire une grande partie des titres que l’on va retrouver dans PrEvIoUsLy UnReLeAsEd I. La différence entre la seconde et la troisième génération ? Le multi-pistes, pour superposer la guitare et la basse (à minima) voire deux guitares… En composition ça représente effectivement une étape de plus de composer pour d’autres instruments.

Humblement, vous pourrez remarquer que je suis parti de pas grand-chose au demeurant : une guitare sèche et un enregistreur hors d’âge… Et puis au fur et à mesure je me suis équipé : d’abord la basse, puis la guitare électroacoustique et plus tard la pédale multi-effet ultime qui m’a permis de composer plus proprement et d’atteindre une qualité de démo qui est passé de « déchet musical » peu exploitable à « Démo de base » voire plus… Il y a en effet une question de qualité de matériel à considérer en plus de la qualité du musicien et de ses productions. Tu peux faire des chefs d’œuvres mais avec un son dégueulasse tu vas te faire jeter des bouses à la tête… Et paradoxalement tu peux avoir un son super et faire des chansons de merde et malgré tout avoir un public qui te suis. Après, les goûts et les couleurs… voilà quoi ! Moi ce que j’en dis c’est qu’il m’a fallu 3 générations de chansons pour arriver à faire le premier PrEvIoUsLy UnReLeAsEd et qu’il a un son abominable que je ne peux pas réutiliser pour refaire les première compos. Vous avez entendu « Truth » et vous savez que c’est la vérité (vous ne pouvez pas dire le contraire, autrement soit vous êtes sourd, soit vous êtes Auvergn…euh… de mauvaise foi).

Quand tu fais un mauvais jeu de mot et que tu te dis que tu as un peu abusé…

Bref, il est clair que pour les albums PrEvIoUsly UnReLeAsEd I, II et III je vais devoir partir sur de nouvelles bases parce que la base actuelle n’est pas exploitable. Il faudrait tout réenregistrer avec le matériel actuel mais ce serait extrêmement chronophage, d’autant que le réenregistrement servirait alors uniquement pour la base de la régénération par l’IA. Ce serait donc une immense perte de temps, d’autant que l’IA ne génèrerait peut-être pas pour autant la composition de la même manière que celle que vous auriez enregistré… Parce que l’IA n’est pas vous : Elle se contente de prendre ce qui existe et d’imaginer une façon de mettre en œuvre le son qui lui a été donné. Et si on ne lui donne rien, elle génèrera n’importe quoi dans le style demandé. Et si on lui met des paroles, ça va fortement influer sur le style lui-même. C’est d’ailleurs ce que j’ai fait avec « Truth » ; d’abord écrire les paroles de la chanson :

Quand tu fais tes pochettes toi-même en mode cheap 😉

Les paroles de la chanson c’est une chose… Ensuite, il faut aussi de préférence (même si ce n’est pas une obligation) lui donner une structure pour éviter que l’IA ne déraille ou pour marquer l’intensité de certains passages. Évidemment, à ce niveau ma référence c’est clairement le SUNO Wiki qui, même s’il est un peu vieux et ne contient pas tout est quand même suffisamment fourni pour avoir les éléments permettant de faire une structure qui tient la route. Et là, pour la plupart des constructions de chanson ça reste assez classique et calqué sur le même modèle, même si par la suite au niveau des constructions j’ai essayé de construire des choses un peu moins classiques… En tout cas, voilà ce que ça donne quand c’est préparé :

Définir la structure d’une chanson dans SUNO, vive les crochets, capitaine !

Et la finalité, me direz-vous ? Eh bien c’est une des nombreuses questions que l’on est en droit de se poser parce qu’en effet, une fois qu’on sait de quoi on est parti, ce qu’on a retravaillé et retouché et le fait que l’enregistrement d’origine est inutilisable, on est vraiment en droit de se demander ce que ça a donné… Mais pour le savoir, il faut auparavant qu’on parle de la suite des opérations et croyez-moi, il faut l’avoir fait une fois pour comprendre à quel point parfois c’est compliqué de faire de se lancer dans des opérations qu’on n’a jamais réellement expérimenté avant…

19. TuneCore (ou les joies de la distribution en ligne)

Bien, on a déjà parlé de TuneCore et du principe de publier du matériel (les déclarations à faire, les ISRC et tout ce qui va bien). Je vous ai dit à cet instant que le plus important, ça allait être le jugement de mes pairs. Les musiciens de TuneCore qui vont vérifier et valider mon matériel… Et c’est là que tout va se jouer parce que si vous vous souvenez bien de ce que je vous ai dit, pour que ça passe avec de l’IA, il faut vraiment que ça soit personnalisé, qu’il y ait quelque chose au niveau du son et/ou des paroles, une « patte » d’artiste qui soit reconnaissable et avec l’IA, ce n’est pas toujours facile d’obtenir cette « patte » même si l’IA prend en compte les paroles, la structure et les styles musicaux. J’ai quand même l’impression qu’à force de l’entraîner à faire des compos pour moi elle commence à me connaître assez pour comprendre ce que j’aime et ce que je recherche et ainsi me ressortir ce qui est proche de ma « patte » à moi… Parce que oui, j’en ai bien une !

À celles et ceux qui en douteraient, sachez que quand vous avez tapé 10 ans de compos il y a une manière de composer qui se créé. Un style qui évolue, se cherche, se peaufine. Au final, on finit par développer un son qui devient sa marque de fabrique… Chez moi c’est devenu la guitare saturée rythmique, la basse lourde et une guitare en effet par-dessus avec habituellement de la boîte à rythme. Mes rythmiques et quelques gimmicks qui reviennent assez souvent sont également une marque de fabrique, tout comme l’accordage non standard pour faire gueuler les gens qui ont fait le conservatoire. Alors l’IA peut-elle émuler ma « patte » ou bien va-t-elle faire un flop et me générer de la bouillie préformatée ?

La première fois, on a du mal à y croire, et pourtant…

Eh bien avec le recul, j’ai envie de dire qu’on est loin d’une bouillie infâme préformatée. Je pense même qu’on est sur du pas toujours conventionnel et c’est franchement pas plus mal dans la mesure où sur les 3 premiers albums j’ai difficilement pu récupérer de quoi alimenter l’IA. Le son des enregistrements d’origine n’est pas assez clean pour réussir à faire des pistes sans saturation et donc à un moment, j’ai été obligé en majorité de faire refaire par l’IA de la génération totale au niveau musical même si niveau paroles et structure c’est bien moi qui l’ait alimenté. Il semble que ça soit suffisant pour que mon premier EP soit validé par TuneCore et soit envoyé aux stores, sachant que ça n’arrivera que dans 4 semaines… C’est-à-dire le 30 septembre, et je ne sais même pas si ça va vraiment le faire. À vrai dire, même si TuneCore dit « OK » et envoie les musiques aux stores, on a quand même la possibilité que les plateformes décident de censurer ou de ne pas diffuser les morceaux… Donc rien n’est gagné d’avance !

… quand on vous dit que c’est en ligne, c’est que c’est en ligne !

Mais là, pour le premier EP il semble que je sois extrêmement chanceux : C’est passé chez TuneCore mais aussi sur quasiment l’ensemble des plateformes… On vérifie sur iTunes, Spotify et Amazon :

Chez la secte des adorateurs de la pomme croquée c’est OK…

…chez spotify ça l’est aussi…

…et chez Amazon, c’est dans les cartons !

Donc là tu te dis « bon ben ok, c’est bon, c’est fini ! ». Que nenni ! Si tu crois que ça s’arrête ici c’est que tu n’as pas compris que la suite c’est de promouvoir sa musique sur les réseaux sociaux, se construire une communauté de fidèles ou au moins de gens intéressés par ce que je fais et qui au moins écouterons mes musiques même s’ils ne les achètent pas… Oui, le temps d’écoute ça ramène aussi un peu d’argent mais j’avoue que je ne maîtrise pas encore vraiment le processus. Par contre, je vais quand même avoir pas mal de boulot parce que le distributeur ne s’est pas foutu de moi : mes titres ont bien été livrés aux différentes plateformes tel que j’ai préparé le package mais mais mais… Chacune de ses plateformes dispose d’un compte spécifique pour les artistes et là il va falloir que je revendique mes profils… Ah ben oui, si je ne le fais pas ça craint !

Le souci que j’ai, c’est que pour accéder à « Apple Music for Artists » et « Spotify fort Artists » j’ai des boutons spécifiques sur TuneCore… Pour « Amazon Music for Artists » à priori le lien devrait réussir à se faire mais on verra bien… Ça veut dire aussi qu’il va falloir que je prenne le temps de mettre à jour mes profils sur ces plateformes en plus de préparer ce site et de faire ma chaîne YouTube et de la promouvoir… Bah oui, parce qu’il y a ça aussi : je peux mapper ma chaîne YouTube directement sur TuneCore mais pour ça il me faut 15 abonnés et j’en ai… 0 ! Ma chaîne vient tout juste de démarrer et je n’ai aucun contenu autre que les vidéos de SUNO pour mes chansons. D’ailleurs voilà ce que donne « Truth » en extrait :

Par défaut le son est en mode mute. En cliquant dessus ça le réactive… Enjoy !