Résumé de l’article précédent
Le genre de blague que je suis capable de faire, c’est de réécrire l’article en complet pour le résumer, histoire de dire que le respect des consignes quelque part… C’est un peu comme dans la série Légion (Marvel par FX Studio), quand le Shadow King (David Negahban) dit à David Haller (Dan Stevens) que les Dieux ne suivent pas les règles, ils les écrivent… Bah là pareil, je peux décider de ne pas respecter un résumé pour le plaisir de ne pas le respecter et c’est d’ailleurs ce que je suis en train de faire puisque je ne respecte pas le principe du résumé de l’article précédent… Ou alors j’aime particulièrement les longues introductions.
Quoiqu’il en soit, dans l’article précédent je vous faisait part de la difficulté pour un musicien qui a hérité de plusieurs répertoires musicaux de pouvoir les réutiliser, les mettre en valeur ou même simplement les exploiter. Il faut dire que les moyens existent mais que dans tous les cas il faut du temps, beaucoup de temps… Et pour un résultat qui va essentiellement dépendre de sa propre capacité à jouer ou à programmer chaque instrument. Autant dire qu’à part des musiciens chevronnés et expérimentés, il y a peu de gens qui en sont capable et je n’ai pas honte de dire que je n’en suis pas capable moi-même.
Alors donc, après vous avoir expliqué qu’en plus des répertoires musicaux de 5 groupes différents j’ai aussi ma propre archive contenant plus d’une centaine de démos et que pendant 16 années j’ai cherché un moyen de faire honneur à tout ce travail sans succès, je terminais l’article en vous disant que je suis tombé sur SUNO et que la création assistée par l’IA ça change clairement la vie. Et effectivement, ça change la vie mais ça la complique aussi pas mal ! Vous allez voir, ça va faire mal…
En même temps, je ne suis plus à ça près… Je sais déjà ce que c’est d’être à l’avant-garde et d’explorer de nouvelles voies sous le regard ahuri des gens qui m’observent et ne comprennent pas pourquoi je me permets d’essayer des trucs qui, à priori, n’ont pas lieu d’être… Pour cela je vous renvoie à la réponse du Shadow King à David Haller, sachant que quand on est un créateur dans l’âme on est seul maître à bord donc on peut se permettre de faire ses propres règles et expérimentations, à condition toutefois de respecter le cadre plus général et sociétal dans lequel on évolue… La liberté des uns s’arrête là où commence celle des autres !
5. Once and for all !
Ok, alors pour celles et ceux qui ne sont pas encore familier de mon fonctionnement, sachez que quand je fais une suite de quelque chose que j’ai découpé en plusieurs morceaux, je ne reprends pas à 1. Ça n’a aucun sens de faire ça dans la mesure où c’est la suite du précédent et que si vous voulez recoller l’intégralité de l’histoire il va falloir se faire chier à renuméroter les parties en faisant attention à ce que ce soit la bonne page alors qu’en faisant ce que je fais, ça fait bizarre mais au moins à reconstruire ça va plus vite et c’est plus clair. Ça vous parait débile ? Allez dire ça à Korn, tiens ! Sur leur album « Follow the Leader » la première piste porte le numéro 13 et ce n’est même pas la suite de l’album précédent… et ça pose un problème à quelqu’un ?
C’est pas comme s’ils avaient trouvé le nom de leur groupe après avoir chié un épi de maïs…
Donc pour reprendre, me voilà plongé dans SUNO, pour réaliser de nombreuses chansons avec la version 3.0 de l’outil… J’avoue, j’y passe un temps infini mais le rendu est plus que correct… Quand j’arrive à me mettre d’accord avec moi-même. En effet, tout n’est pas parfait et parfois j’hésite sur le style à donner à un titre, ce qui fait que je vais le faire refaire plusieurs fois jusqu’à trouver le son qui va me convaincre… Et avec 50 crédits par jour, ça n’avance pas vite. Alors je me rends compte que je peux maximiser ma capacité de production… Oui, parce que pour bien faire les choses, j’ai une adresse discord à part entière, une vieille adresse hotmail, une adresse outlook plus récente, une adresse gmail par obligation (merci les périphériques Android) et une seconde adresse gmail qui est utilisée par un bot sur Star Wars : Les héros de la Galaxie pour permettre à l’alliance d’avoir de la visibilité sur ses statistiques. Rajoute encore une adresse mail pro qui a aussi accès à SUNO et en réalité je dispose de 6 comptes pour faire des chansons… Et je n’ai même pas eu à les ouvrir spécifiquement pour ça : je les avait bien avant de découvrir SUNO donc… Est-ce que j’ai triché ou est-ce que j’ai utilisé intelligemment les ressources à ma disposition ?
En tout cas, le résultat c’est qu’avec 6 comptes je me retrouve avec 300 crédits par jour et que là c’est confortable pour la composition ! D’avril à juin 2024 je parviens à produire 57 chansons valable issues de mon répertoire personnel avec même quelques nouveautés. Le truc, c’est que je me refuse à utiliser le « prompt » pour faire des compositions. Je trouve qu’en tant que musicien il n’y a aucune valeur ajoutée à faire générer de la musique sans avoir donné à minima ses propres paroles et la structure de sa composition en plus de choisir les styles musicaux… Dommage qu’on ne puisse pas ramener des morceaux à soi dans SUNO pour les faire compléter par l’IA… En effet, certains morceaux ne pourront jamais être refaits et complétés notamment les chansons instrumentales. Surtout que ce qui définit une chanson instrumentale, c’est le son et les accords que l’on a employé et s’il est impossible de les saisir pour les générer alors on perd une partie de ce qu’on pourrait utiliser. En tout cas, la version 3.0 est déjà convaincante même si pour faire des morceaux de plus de 2 minutes il faut assembler plusieurs générations sachant que je suis un adepte des morceaux de plus de 5 minutes… Autant dire que ça va être chiant et croyez-moi, ça l’a été !

Assembler des petits morceaux entre eux pour en faire des plus grands… Tout l’inverse de ce que vous voyez ici 😉
Alors après le 20ème titre j’envisage très sérieusement de prendre un abonnement à SUNO, mais dans le même temps je fais mes calculs. En version 3.0 il me faut clairement 5 générations en moyenne par chanson. Chaque génération coûte 10 crédits. Ça me fait donc 50 crédits minimum par chanson sachant que c’est 2 générations en même temps. Or, j’envisage de prendre un abonnement PRO à 2500 crédits par mois. À raison de 50 crédits la chanson, ça me fait quand même 50 chansons faisables par mois ! Alors bon, je revois plusieurs fois la possibilité d’abonnement et il y a quelque chose qui m’inquiète un peu… En effet, j’ai dit que pour chaque génération il me faut 10 crédits puisque les générations se font par 2 x 5 crédits à chaque fois sur la version « Basic » de SUNO. Alors je vous laisse regarder pourquoi j’ai eu quelques réticences à prendre un abonnement et vous me direz si vous comprenez la même chose que moi :
Les offres de SUNO, telles qu’elles sont proposées.
Alors moi, quand je vois ça je comprends qu’avec mon plan « Basic » qui ne me coûte rien, je peux recevoir 50 crédits par jour soit l’équivalent d’une chanson pour moi. Chez SUNO, ils considèrent qu’une génération c’est deux chansons ! Oui mais non, des chansons de 2 minutes ça ne fait pas tout non plus… C’est sûr que si chaque génération compte pour une chanson avec 50 crédits on en fait 10… maintenant si on est réaliste, on a en moyenne besoin de 50 crédits pour générer une chanson complète avec les générations qui ne vont pas nous plaire et celles qui vont partir en vrille et être inutilisable ou celles dont on va garder seulement 10 à 40 secondes ! Donc déjà quand dans l’abonnement PRO on te dire « tu peux faire 500 chansons » comprends que tu peux en faire 100 au mieux. Sauf que dans ton abonnement BASIC, tu fais 2 générations à la fois et dans les versions PRO et PREMIER ? C’est bien marqué « 10 running jobs at once », non ? Donc si on lance les générations par 10 au lieu de 2, alors du coup il nous faut 50 crédits pour faire une seule génération, avec la possibilité d’avoir 9 versions inutiles de la même chanson ?
Présenté comme ça, c’est sûr que ça ne vend plus du tout du rêve ! 50 crédits par génération ça fait 50 morceaux de chansons et quand tu sais qu’il m’en faut 5 en moyenne pour faire une chanson ça ne fait plus que 10 morceaux par mois ! À ce compte-là, autant rester sur la version « Basic »… Sauf que dans la version « Basic », tu n’as pas le droit d’exploiter commercialement tes générations et ça, c’est un peu gênant… Alors j’ai posé la question directement au staff de SUNO qui a pris quelques jours pour me répondre complètement à côté de la plaque ! Je leur ai demandé quel était l’intérêt de prendre un abonnement « Pro » si mes générations se font par 10 au lieu de 2, ce qui va consommer mon crédit 5 fois plus rapidement… Et leur réponse a été « bah dans ce cas, si c’est pas assez prend un abonnement PREMIER ». Alors oui, 10000 crédits c’est plus confortable mais ça ne fait au final que 40 chansons au lieu des 10 que je peux faire par mois avec l’abonnement PRO en sachant qu’avec mon abonnement BASIC je peux quand même recevoir 30 x 50 crédits par jour soit 1500 crédits. Si je crame mes générations par 10 crédits, ça me fait 150 morceaux de chansons soit 30 chansons complètes par mois sachant qu’il me faut toujours 5 morceaux en moyenne pour faire une chanson. Ne pensez-vous pas que c’est un peu la baise quelque part ?
Et voilà l’effet que ça produit quand je commence à parler chiffres…
Alors si on résume, pour produire une centaine de chansons voire plus dans les conditions énoncées, ça va me prendre soit 3 mois d’abonnement PREMIER à 30$ / mois, soit 3 abonnements PRO à 10$ par mois. En PREMIER je ne fais « que » 40 chansons par mois et en PRO j’en fais 10 par mois. Ça fait peu et je sens qu’il y a quelque chose qui ne va pas dans ce calcul mais impossible de savoir ce qui cloche… Et le staff de SUNO n’a clairement pas répondu à ma question technique alors qu’ils avaient potentiellement une autre réponse à me donner qui aurait été plus incitative… Alors je me dis que ce n’est pas grave, que je vais chercher un moyen de financer tout ça et que pendant ce temps-là je vais bosser sur mes 6 comptes pour sortir le plus de chansons possible que je ferais régulariser par la suite. En effet, j’ai lu quelque part dans les conditions générales qu’une fois que l’on a un compte « PRO » ou « PREMIER » même si on repasse en BASIC les chansons restent utilisables commercialement. Je me dis donc que j’abonnerais mes 6 comptes une fois que j’aurais généré ce que j’ai à générer et comme ça ça va me permettre de régulariser ce que j’ai déjà créé pour l’utiliser commercialement. En attendant, il va falloir que je trouve un moyen de rentabiliser au moins partiellement les abonnements parce que sinon je ne vais pas m’en sortir… Si je veux pouvoir utiliser ce que j’ai créé il va quand même bien falloir que je m’abonne et donc je commence à réfléchir sur la façon la plus adéquate de régulariser la situation.
7. Coucou Hibou !
Le 2 juin 2024 je me suis donc lancé et j’ai choisi la plateforme de financement participatif Ulule ! J’ai soumis mon projet en expliquant que je faisais un financement participatif pour payer mon (voire mes) abonnements à SUNO afin d’acquérir les droits pour exploiter commercialement mes créations. Concrètement, si le projet est financé je vais pouvoir fournir des contreparties (et tout a déjà été calculé, y compris pour le conditionnement et l’expédition) et faire des dons à des associations sur les éventuels bénéfices des ventes, ce qui suppose que le projet soit intégralement financé. En gros, je propose un projet à moins de 3500 euros au total et j’ai prévu des contreparties numériques et physiques. Le lendemain, je reçois l’accord de l’équipe Ulule… C’est fait, mon projet est accepté, je vais pouvoir tout préparer et tout développer pour que ça puisse se concrétiser. Je suis content mais aussi un peu inquiet… Je nage en plein inconnu avec une prise de risque certes modérée mais malgré tout le risque d’échec est tout de même assez important.
En 2021 j’avais déjà tenté une expérience dans le même genre quoique relativement différente. En 2021 j’étais à deux doigts de publier tout A&TDR sur mon site web personnel. A&TDR, c’est une série de romans commencés en 2001 et écrits à raison d’un volume par an en moyenne. En 2021, ça fait donc 20 ans que j’écris et j’ai déjà 20 romans qui sont toujours dans un coin à prendre la poussière numérique. Alors un jour, je décide de faire le saut de l’ange dans le vide intersidéral avec l’intention de me ramasser une bonne tôle cosmique en pleine face, voire même une tôle intergalactique. Je prends mon manuscrit le plus mauvais, celui que j’ai écrit sur un téléphone portable pendant que j’étais en pause aux chiottes en 2015 et qui contient une histoire bien spéciale avec un personnage qui n’est pas du tout un héros. Ce n’est même pas un anti-héro. C’est même carrément un mauvais et c’est ça qui est drôle… Bref, j’envoie mon manuscrit et je m’attends à me prendre une tôle cosmique…

Voilà globalement l’idée de ce que c’est une tôle cosmique !
Alors pour être honnête, la tôle cosmique est bien arrivée, mais pas du tout comme je l’avais imaginé. Mon manuscrit a suscité de l’intérêt justement parce qu’il sort un peu de l’ordinaire et parce qu’il raconte une histoire un peu inhabituelle. Sans rentrer dans les détails, on me propose d’éditer « Ac Dominum Malum » à compte d’auteur et là aussi je fais mes calculs… Vu ce que je dois avancer comme somme pour lancer mon livre, je vais devoir en vendre 300 exemplaires au moins pour rentrer dans mes frais. Eh ben vous savez combien j’en ai vendu au total ? 3. La tôle cosmique elle est là : les gens à qui j’ai envoyé le manuscrit l’ont trouvé digne d’intérêt, en tout cas assez pour le faire figurer dans leur catalogue et puis au final il ne s’est pas vendu et c’est majoritairement de ma faute parce que je n’ai fait aucune publicité pour ce livre. Je n’ai pas été me prostituer sur les réseaux sociaux ni même sur Youtube pour tenter de vendre mon livre alors que concrètement savoir faire la promotion de son travail ça fait partie du job. Je l’ai déjà répété assez souvent : je n’aime pas être en pleine lumière. Si je suis obligé de le faire je le fais par défaut mais autrement je préfère rester caché dans l’ombre.
Alors évidemment, ça a été un véritable échec commercial et je ne peux que me blâmer moi-même pour n’avoir pas assez défendu mon travail… Mais d’un autre côté, c’était juste un essai avec le plus mauvais de mes romans pour me donner une bonne raison d’arrêter A&TDR une fois pour toutes et tout balancer sur le web par dépit après 20 ans à travailler dessus. En réalité, cet échec m’a rendu service parce que même si le livre ne s’est pas vendu au moins il y avait un potentiel et il a figuré pendant deux ans au catalogue des Éditions Vérone. Rien que pour ça, je ne peux pas considérer l’expérience comme un échec total parce que ça veut dire que ce que j’écris est valable et digne de figurer dans le catalogue d’un éditeur. Le savoir m’a donné envie de continuer mon travail sur A&TDR et finaliser les dernières parties qui restaient… J’ai pris une pause avec le projet « PrEvIoUsLy UnReLeAsEd » mais dès que ce sera terminé, je pourrais alors finaliser et plier définitivement A&TDR. Que je prenne une nouvelle tôle cosmique ou pas, ça n’a aucune importance parce que j’ai déjà prouvé que ce que je faisais était valable donc c’est suffisant pour moi.
Et voilà le livre que vous ne trouverez plus nulle part… « Ac Dominum Malum ».
Cela dit, l’échec de ce livre était prévisible et c’était pour moi un premier test pour aussi comprendre la mécanique de l’édition et voir comment ça se passe. Ça m’a servi de test de validation et il a été passé avec succès puisque le livre n’a pas été purement et simplement rejeté. Le fait qu’il soit à compte d’auteur y serait-il pour beaucoup ? Probablement, bien que je doute que les Éditions Vérone laissent passer n’importe quelle bouse sous prétexte que les gens paient pour la faire éditer. Il y a quand même un minimum de qualité à avoir pour garder de la crédibilité en tant qu’éditeur donc je ne pense pas qu’ils aient accepté ma bouse juste parce que je l’ai payée… En-dehors du fait que j’estime que c’est le plus mauvais de mes romans, il n’en est pas pour autant dénué d’intérêt… Il serait même plutôt intéressant par rapport au point de vue du personnage qui fait part de ses réflexions sans retenue comme si on se trouvait dans sa tête, ce qui est une expérience immersive assez spéciale il faut l’avouer. Cela dit, si j’ai réussi à accepter et digérer l’échec de ce projet de livre, je pense que j’aurais plus de mal à gérer l’échec du projet « PrEvIoUsLy UnReLeAsEd ».
La raison essentielle c’est que derrière ce projet je voudrais quand même tenter de faire une bonne action à destination de causes qui me tiennent vraiment à cœur et si ça ne réussit pas alors je pourrais toujours dire que j’aurais essayé mais ça me laissera un goût amer d’échec persistent parce que j’aurais vraiment l’impression d’avoir fait tout ça pour rien. C’est peut-être ça qui à ce stade me travaille le plus : on n’est pas forcément obligé d’aimer ce que je fais et à la limite, si les gens me disent « je déteste ce que tu fais » je ne pourrais pas leur en vouloir parce que les goûts et les couleurs ça ne se discute pas… Mais dans ce cas au lieu de ne pas mettre quelques euros dans mes créations, si vous pouviez directement faire un don à une association ça m’irait très bien aussi. La seule différence ici c’est que je propose du contenu en échange d’un paiement dont une partie des bénéfices sera reversée sous forme de dons alors que quand on fait un don bah… On n’en attend rien en retour. Du moins, moi c’est toujours comme ça que j’ai imaginé les choses même si la réalité est un peu différente.

Quand la chanson préférée de votre fille c’est « coucou hibou », le choix de la plateforme n’en est plus vraiment un…
Je n’ai pas spécialement l’habitude de complimenter les gens autour de moi mais il faut rendre à César ce qui est à César : l’équipe d’Ulule est vraiment présente pour répondre à mes questions et pour me donner des conseils par rapport à ce que je propose. J’ai pas mal d’échanges avec une personne de l’équipe en charge de mon projet et ses conseils ne sont pas dénués de bon sens. Il faut dire que niveau communication et marketing je suis véritablement nul. Je sais bien qu’on ne peut pas être bon partout mais là je suis carrément à chier et je ne me sens pas du tout à l’aise sur ce terrain. La communication et le marketing, c’est clairement ce que j’appelle la « pleine lumière ». C’est ça qui est censé mettre l’éclairage et le focus sur ce qu’on est en train de faire et là… Comment dire ? Je suis loin d’être un éclairagiste hors pair. Fort heureusement, je suis aiguillé par l’équipe d’Ulule qui me conseille et me challenge sur certains points et très sincèrement, c’est bien la première fois que je me sens soutenu dans un de mes projets. C’est tellement inhabituel que j’ai même du mal à croire que ce soit réel… Ok, ils ne font que leur travail mais ils le font bien et pour une fois j’ai quelqu’un d’expérimenté à mes côtés qui sait me dire quand je dévie et ça, croyez-moi, c’est « priceless ».
J’ai commencé par préparer ma page et mes contreparties, et j’ai bien avancé mais j’avais un doute sur un certain nombre de choses. Car pendant que je faisais le taf pour préparer le projet de financement participatif j’ai suivi l’évolution de SUNO et le moins qu’on puisse dire c’est qu’il y a eu du changement dans les jours qui ont précédé et suivi le démarrage de mon projet. Déjà ils sont passés en version 3.5 pour la génération et apparemment il semble qu’il y ait des fonctionnalités qui changent sur les versions PRO et PREMIER et qui ne seraient pas présentes sur la version BASIC… Et là, je n’ai plus le choix. Je base l’ensemble des réalisations de mon projet en financement participatif sur SUNO… L’outil est en train de changer et je vais prendre un abonnement sans savoir réellement ce qu’il y a en face… Et quelque part, la part de risque vient d’augmenter parce que si jamais l’outil venait à réduire ses fonctionnalités ou à changer ses modalités, je serais susceptible de me retrouver le bec dans l’eau à devoir dire aux gens qui auraient soutenu mon projet que j’ai mal évalué les risques et que je vais devoir tous les rembourser…

Qui ? Les impôts bien sûr ! (ça sent le contrôle fiscal tout ça)
Or, ce n’est pas vraiment comme ça que je vois les choses, alors je vais marquer une petite pause sur Ulule et programmer la campagne jusqu’au 2 septembre, histoire d’avoir le temps de m’abonner au moins sur un compte PRO et tester les dernières modifications… Comme ça, si jamais mon projet se casse la gueule faute d’outil, je serais à même d’empêcher un carnage de se produire… On est chef de projet ou on ne l’est pas : mon job au quotidien c’est d’anticiper, d’avoir une vision à court, moyen et long terme, à trouver des solutions ou des contournements quand il n’existe pas de solutions et de toujours me préparer au pire scénario. Il y a aussi une part de communication, de négociation, d’arrangement mais par contre je ne fais pas de marketing. Ça c’est le rôle d’un commercial alors que le rôle du chef de projet c’est de se placer entre le client final et les équipes et de faire en sorte que tout se passe correctement et dans les règles. Il doit arbitrer, être pédagogue et s’adapter à son public. Bref, je vais prendre un abonnement PRO et je saurais exactement si je peux ou non continuer mon projet…
6. L’ombre d’un début de projet
Parallèlement à mes générations de folie, je suis en train de chercher comment rentabiliser mes abonnements et j’ai une idée complètement idiote et démentielle. Je prends un fichier Microsoft Excel et je commence à faire des tableaux… 10 puis 12. Voilà le concept : en 10 ans de musique, j’ai produit quasiment un album de démos par an voire un peu plus. Je peux donc tout refaire sous la forme d’une collection unique de 10 à 12 albums ; j’ai vérifié, j’ai assez de contenu pour ne pas arriver à court de démos avant le 7ème voire le 8ème album sachant que SUNO m’ouvre en grand les portes de la création assistée par l’intelligence artificielle et que concrètement pour un type tout seul qui ne sait pas jouer tous les styles, qui est limité en temps libre, qui ne maîtrise pas tous les instruments et qui va rogner sur ses heures de sommeil pour mener à bien ses projets eh bien c’est l’idéal. Et comble de bonheur, j’ai déjà un nom pour le projet puisque mes compilations de démos de l’époque se nommaient déjà « PrEvIoUsLy UnReLeAsEd » et qu’elles étaient numérotées, parfois même avec un titre propre (à partir du numéro 4 jusqu’au numéro 10).

J’ai un logo, un début de projet avec suffisamment de matière première pour ne pas tomber à court tout de suite et en plus ça fait partie de ce que j’ai envie de faire depuis que j’ai été obligé d’arrêter la musique ! Que demande le peuple ? Mais avant de lancer un projet, je vais faire ce que je fais dans ma vie professionnelle de tous les jours : je vais me renseigner. Parce que oui, c’est pas le tout d’essayer de se faire financer et de vendre ses musiques… Il faut peut-être penser en termes de support. Alors OK, le dématérialisé pourrait faire l’affaire mais pour ça il va falloir passer par des plateformes de vente en ligne et je n’ai absolument aucune idée de comment on doit s’y prendre pour faire ça… Par contre, je sais exactement comment on s’y prend pour faire du format physique (CD, Vinyles, Clefs USB) et donc je commence ma recherche de fournisseurs et mes simulations sur Microsoft Excel pour savoir combien ça me coûte de faire presser 300 CD, de les reconditionner afin de pouvoir les renvoyer par la poste. Idem pour les vinyles et les clefs USB. À la fin j’ai 3 fournisseurs que j’ai conservé pour lesquels j’ai mes tarifs. J’ajoute encore le coût de l’abonnement et une petite marge de sécurité au cas où les prix changeraient entre le début et la fin du projet et je suis prêt !
Je peux vous assurer que ce n’est pas la partie la plus plaisante du job mais c’est absolument nécessaire avant d’envisager une campagne de financement participatif avec des contreparties. Il faut tout prendre en compte ; les coûts du fournisseurs, les coûts du conditionnement et les coûts d’expédition et calculer en fonction de la masse et des quantités pour être sûr d’avoir un tarif cohérent. Mon objectif principal est clair : je voudrais retravailler mes anciennes démos et les faire évoluer à l’aide de l’intelligence artificielle. Seulement voilà, intellectuellement ça me travaille parce que je suis musicien avant tout. Je sais quel est le prix de l’effort quand tu composes des chansons, que tu les joue avec un groupe et qu’il faut 20 à 30 répètes pour que le morceau soit bien mis en place… Je sais ce que c’est d’aller défendre ses compos face à des gens incrédules qui te découvrent et qui ne vont pas forcément adhérer à ce que tu fais… Je sais ce que c’est d’aller faire la tournée des bars à concerts pour essayer de décrocher une date puis de faire sa propre campagne de pub (et à l’époque, le support sans réseaux sociaux c’était le flyer de base fait maison qui te bouffait tes cartouches d’imprimante) un peu partout dans le coin où tu joues, de contacter les médias pour espérer avoir un peu de couverture… Bref, j’ai connu tout ça et quelque part je n’ai pas oublié ce que ça demande comme effort…

L’image que j’ai de la valeur de l’effort à travers le mythe de Sisyphe.
Et moi, quel est l’effort que je fais par rapport à des vrais musiciens quand j’utilise un outil qui me demande certes du temps et de l’implication, mais bien moins que ce qu’il faut pour sortir un véritable album de musique totalement organique (avec des vrais instruments) ? Là aussi je sais ce que c’est et ce que ça fait de passer des heures à enregistrer, mixer, remixer, réenregistrer, arranger… J’ai fait ça pendant pas mal de temps et j’avoue que c’est extrêmement chronophage. Alors je comprends très bien tous ces musiciens révoltés qui disent « mais les gars, vous vous rendez compte qu’avec l’IA n’importe qui peut faire n’importe quoi et que nous qui galérons comme des fous pour de vrai on se retrouve en concurrence directe avec des gens qui n’ont peut-être jamais touché le moindre instrument, qui savent faire des prompts mais qui n’ont aucune véritable expérience de la musique ? ». Je ne peux pas dire qu’ils n’ont pas raison et que la composition par l’intelligence artificielle ne va pas créer de problématiques à ce niveau. À priori il devrait y avoir à manger pour tout le monde mais dans une offre de plus en plus saturée il devient difficile de pouvoir se démarquer et même vivre de sa passion. Et les utilisateurs de l’intelligence artificielle ne devraient pas entrer en concurrence avec les véritables musiciens. Et c’est là que je me rends compte que moi, je me trouve pile à la frontière entre les deux !

Voilà ce qui arrive quand on est trop tiraillé par des choix opposés… On finit par se cramer la gueule tout seul !
C’est compliqué pour moi parce que d’un côté je comprends totalement que les vrais musiciens puissent se plaindre et trouver que se faire aider par l’Intelligence Artificielle c’est biaiser le concept de la musique elle-même puisqu’on n’a plus besoin de se faire chier à apprendre le solfège, les accords et un instrument… On n’a même plus besoin de répéter ou de faire des efforts : la machine le fait pour nous pratiquement sans effort. D’un autre côté, moi qui suis musicien et qui pourrait difficilement faire autrement je me dis que concrètement je ne leur doit rien non plus. Ma part du job a été faite et là en tant que créateur si je décide d’utiliser l’intelligence artificielle comme outil de composition vu les possibilités offertes par l’outil ce serait vraiment con de s’en priver parce qu’on a des scrupules par rapport à des gens qui n’ont pas tort mais qui ne sont pas forcément dans la même situation et qui ne veulent pas forcément admettre qu’il y a un réel potentiel à utiliser l’intelligence artificielle pour celles et ceux qui ont des limitations et qui ont galéré pendant des années. Alors j’ai décidé de couper la poire en deux (littéralement et même latéralement) : La moitié des gains que je pourrais faire sur les bénéfices seront reversés à des associations.
J’aurais meilleure conscience si je sais que je vole le pain de la bouche de mes collègues musiciens pour la bonne cause. Certes, je deviens un concurrent mais dans une catégorie totalement différente. Je n’ai pas pour ambition de devenir célèbre ou de faire carrière dans la musique. Non, ça j’y pensais quand j’avais 20 ans et que j’avais envie de faire quelque chose de ma vie qui soit constructif. Créer des chansons et les jouer c’est quelque chose d’assez constructif pour moi… Je n’ai jamais eu ce besoin d’être célèbre ou reconnu pour ce que je fais ; je suis un homme de l’ombre et je déteste être mis en pleine lumière. Clairement ce n’est pas dans ma nature et depuis que je suis enfant c’est comme ça : je crois l’avoir déjà dit mais je suis quelqu’un de lunaire, pas quelqu’un de solaire. La nuit est mon royaume et c’est dans les ténèbres que je suis le plus à l’aise. Ce qui est d’ailleurs paradoxal et assez déroutant c’est que du temps où je faisais de la musique en groupe j’étais plus souvent en première ligne que ce que j’aurais dû. Certains collègues n’aimaient pas du tout la première ligne et comme il fallait quelqu’un pour le faire, j’ai souvent été désigné par défaut pour faire ça… Annoncer les chansons, communiquer avec le public… Je ne dirais pas que je n’ai pas apprécié l’expérience, mais honnêtement je n’étais pas plus à l’aise que mes camarades de jeu, sauf que chez moi ça se voyait moins.

C’est très bien résumé…
Donc je résume : Je vais lancer un projet en financement participatif qui me permettra de commercialiser mes démos remises au goût du jour grâce à l’intelligence artificielle en proposant des contreparties physiques. J’ai déjà tout préparé en amont et j’ai décidé que sur les bénéfices réalisés, je vais verser 50% des bénéfices à des associations pour que ça serve à quelque chose. Ce sera ma façon à moi de contribuer à la société et de faire amende honorable par rapport à mon projet qui pourrait causer du tort à de véritables musiciens à qui je ne dois absolument rien et qui vont de toute façon considérer que je fais de la merde sans âme tout en leur faisant une concurrence déloyale. Ok les gars, je sais, c’est assumé… Shadow King, vous vous souvenez ? Bon, alors maintenant je ne veux plus rien entendre et l’affaire est close. Je ferais ce que j’ai à faire si je gagne quelques ronds sur mon projets et je ferais un point en fin de projet mais pour le moment il faut monter le dossier de financement participatif et là c’est la première étape qui commence : chercher une plateforme qui pourrait accepter ce genre de projet… Non parce que comme pour les musiciens qui se fâchent assez vite quand on leur parle d’une musique générée par l’intelligence artificielle, un projet de collection musicale comportant plusieurs albums relativement blindés niveau chansons ça pourrait être un peu gros à faire passer… mais je vais essayer : qui ne tente rien n’a rien !
Et là, c’est pareil : j’ai passé un temps certain et un certain temps avant de trouver la plateforme participative qui accepte le type de projet que je compte mettre en place. C’est-à-dire que même si l’intelligence artificielle ça se démocratise avec des Chat GPT, Copilot, SUNO et autres qui sont de plus en plus facilement accessibles et qui transforment petit à petit nos usages, il y a quand même un énorme vide dans les systèmes actuellement en place qu’il s’agisse des plateformes de financement participatives ou même carrément de la protection des musiques. Puisqu’on en parle, saviez-vous que la SACEM dit littéralement « fuck » à tout ce qui a été généré par l’intelligence artificielle ? Pour eux il n’y a pas de création pure par des musiciens avec des instruments : c’est la machine qui fait et c’est suffisant pour dire que ça ne mérite pas d’être protégé et qu’on n’en a absolument rien à foutre. J’aimerais de tout cœur dire à la SACEM qu’elle peut aller se faire mettre avec ses décisions à la con, dans la mesure où en tant que musicien mon instrument c’est l’intelligence artificielle sachant que derrière j’ai déjà fait le job préliminaire et qu’à partir du moment où on pourra téléverser des vrais morceaux de nos compos à nous ça va clairement changer la donne puisqu’à ce moment-là il y aura un réel travail de composition initial qui sera incontestable. Sauf que je ne vais pas le dire du tout et me taire parce que le jour où la SACEM va comprendre qu’elle peut aussi se faire de la thune sur les chansons générées par l’IA à partir du moment où elle accepte de protéger des artistes qui légitimement l’utilisent pour compléter un travail initial, je vais devoir sévèrement cracher au bassinet avec ma petite blague à 10 albums… Surtout si en plus c’est des doubles mais chuuut. SACEM, COPAINS ! MOI PAS ENNEMI ! VOUS PAS TIRER À VUE MÊME SI MOI DIRE CONNERIES PLUS GROSSES QUE MOI ! Merci 😉

Viendez la SACEM, je vous attends de pied ferme !!!
Non mais concrètement, je peux totalement concevoir le positionnement de la SACEM par rapport à la musique générée par l’intelligence artificielle… Cela dit, ça évolue vite et pour peu que demain l’IA propose un téléversement de morceaux pour servir de base à la reconstruction d’une compo j’ai envie de dire que là ça va clairement changer les règles du jeu une fois de plus. Je ne dis pas que c’est une bonne chose ou que c’est une mauvaise chose ; en réalité je pense que les choses sont vouées à changer et si possible à évoluer et si tous les changements ne sont pas forcément positifs celui-ci pourrait bien casser des systèmes qui étaient tantôt dans les intérêts des artistes, tantôt dans les intérêts de ceux qui les exploitaient sans vergogne… Il y a donc du positif et du négatif mais on verra bien à l’usage, en attendant, pour faire protéger sa musique par la SACEM c’est mort mais… Il y a sans doute d’autres alternatives que je vais devoir explorer mais une chose après l’autre. Pour l’instant, on est en début juin et après avoir pris le maximum de renseignements je me lance dans un projet en financement participatif.
8. Du plomb et de l’or – Alchimie d’un outil

Allez hop, ça va transmuter sec (et pas mouillé) !
J’ai eu une bonne et une mauvaise surprise avec SUNO et l’abonnement PRO. Je propose qu’on commence par la mauvaise, comme ça au moins c’est fait et vous pourrez prendre la mesure de ce qu’on appelle « se faire plomber son projet ». Alors, quand j’ai lu les conditions générales d’utilisation de SUNO, j’avais bien dit que tout ce qui était généré pendant qu’on a un abonnement PRO est commercialisable même si après on passe sur un abonnement BASIC donc pas payant… On conserve donc la possibilité de commercialiser ce qui a été généré pendant cette période, ce qui est très bien. Je pensais naïvement qu’il pourrait y avoir une rétroactivité sur ce qui avait été généré avec un abonnement BASIC quand on passe vers le PRO ? Eh bien sachez que non, ce n’est clairement pas possible. Qu’est-ce que ça signifie à mon niveau ? Bah juste que je viens de passer environ 3 mois à construire intégralement 57 chansons que je ne vais pas pouvoir commercialiser et que donc elles ne peuvent pas figurer dans le projet en cours. Pire, certaines versions absolument géniales ne pourront jamais être refaites à l’identique et donc non seulement je perds ces compos mais en plus je devrais en faire de nouvelles qui ne seront peut-être pas aussi réussies que celles que j’avais mis tant de temps à réaliser. Au 18 juin 2024, mon projet redémarre donc de zéro et tout ce qui a été fait précédemment peut être mis de côté définitivement. Voilà.
Après, c’est de ma faute. J’avais lu les conditions générales d’utilisation de SUNO mais pas la FAQ ! Or, cette info se trouve dans la FAQ et je n’ai pas eu la curiosité d’aller la vérifier. D’un autre côté, il faut aussi dire que chez SUNO la communication c’est parfois quelque chose de très flou et de très obscur. Il faut souvent aller faire de l’exploration et de l’archéologie pour trouver des informations qui ne sont pas forcément mises en avant… Je vais vous en donner une qui va vous faire rire : vous vous rappelez cette histoire de 10 générations en même temps qui plombait la réalisation de mon projet ? Eh bien en fait rien n’est expliqué à ce sujet mais quand j’ai pris en main l’abonnement PRO, j’ai bien eu mes 2500 crédits et j’ai lancé ma première génération. 2 versions. à 5 crédit la version, ça veut dire que j’ai cramé seulement 10 crédits. On m’aurait menti ???
Pour celles et ceux qui ont encore la référence… Sinon vous comprendrez assez vite !
Ça, pour une surprise c’est une sacrée surprise ! Donc les générations continuent à se faire par 2 et non par pack de 10 ? Alors qu’est-ce que je n’ai pas compris ? Eh bien en fait ce qu’il fallait comprendre c’est qu’en version BASIC, on ne peut faire que deux générations en une fois et on ne peut pas relancer une génération dans la foulée : il faut attendre que la génération soit terminée pour en relancer une alors qu’en PRO et en PREMIER, quand on vient de lancer une génération on peut tout de suite en lancer une autre et jusqu’à 5 en même temps si on veut… Mais à chaque fois, chaque génération consomme 10 crédits et produits 2 versions… DONC, avec 2500 crédits je peux effectivement faire 250 morceaux de chansons et comme il m’en faut 5 pour faire une chanson je peux virtuellement taper 50 chansons par mois avec un abonnement PRO et ça, ça change tout !
Plus besoin en effet de posséder 6 abonnements d’autant que de toute façon ce qui a été généré sur les abonnements BASIC ne sera de toute façon ni récupérable ni réutilisable. Avec un seul abonnement PRO à l’année je peux tranquillement réaliser ma collection d’album et tenir un rythme de production soutenu sur 4 à 6 mois, ce qui va me permettre de stopper l’abonnement dès que j’aurais réalisé ce que j’ai à réaliser et ça c’est véritablement une très bonne nouvelle parce que ça réduit aussi drastiquement le coût de mon projet. Mais surtout, ce qui change totalement la donne, c’est que SUNO est passé de la version 3.0 à la version 3.5. Ce que ça change ? À peu près tout ! Déjà pour commencer le temps de génération. En version 3.0, on générait une première piste avec une durée de 2 minutes et des extensions d’une minute… Pour faire une chanson de 5 minutes, il fallait donc 4 à 6 générations, et pas mal de temps d’assemblage. En version 3.5, on génère une première piste d’une durée de 4 minutes et des extensions de 2 minutes ; cela veut dire en clair qu’il faut 2 à 3 générations pour faire une chanson de 5 minutes…

Intérieurement je hurlais de joie. Il était tard, les gosses dormaient…
Mais ce n’était pas la seule surprise que j’ai eue, loin de là… Parce que SUNO a également implémenté la possibilité de téléverser un fichier musical pouvant servir de base à la génération d’une chanson. Bien sûr, il est clairement expliqué que le fichier doit nous appartenir, qu’on doit avoir les droits dessus et que ça ne doit pas être quelque chose de connu ou de déjà protégé par les lois du copyright sinon bah… dans les conditions générales SUNO peut clairement supprimer le compte et tout ce qui va avec parce qu’on ne respecte pas les conditions d’utilisation. Donc il est explicitement recommandé de ne pas déconner avec cette fonctionnalité. Voilà, c’est dit mais est-ce que c’est efficace et comment ça fonctionne ? Eh bien pour commencer, on ne peut charger qu’un fichier musical de 6 à 60 secondes, ce qui est un peu « light » pour certains morceaux possédant une structure complexe. Ensuite, ce fichier musical va servir de base à la composition musicale et donc si on n’a mis que les riffs principaux dedans ça commence par un patchwork de riffs sans queue ni tête. On ne peut utiliser qu’un seul fichier de ce type par chanson et les générations suivantes sont faites comme des extensions de ce fichier musical sachant que SUNO est assez honnête pour offrir une première génération qui est proportionnelle à une génération originelle de 4 minutes moins le temps du fichier musical ; en gros, si le fichier musical fait 20 secondes, la première génération fera 3 minutes et 40 secondes tandis que les suivantes feront 2 minutes. C’est classe, non ?
Du coup, la difficulté réside maintenant dans le fait qu’en 1 minute, il faille réussir à donner une introduction « propre » à la chanson et les riffs principaux qu’on veut construire sans pour autant que ça dénature l’ensemble… Autant dire que c’est galère et que la plupart des titres ont quasiment une introduction instrumentale de 60 secondes. Alors effectivement, ça peut sembler tout pourri mais au fur et à mesure qu’on apprend à utiliser la fonctionnalité on arrive à faire des choses qui tiennent de plus en plus la route avec parfois des choses vraiment surprenantes autant qu’intéressantes. Je me souviens avoir écarté une génération d’une chanson faite à partir d’un fichier musical original en me disant « ouais non, là je retrouve plus la chanson d’origine » et après quelques jours être retombé sur cette version et m’être dit « bordel, c’est probablement le meilleur mix que tu as obtenu de cette chanson avec le fichier musical d’origine ! Ok, ça ne ressemble pas du tout à ce que tu avais fait à l’origine mais dans le concept ça rejoint quand même ce que tu voulais faire à l’origine et même si c’est différent, à l’écoute… ben ça pète ! Clairement t’as là un véritable tube même s’il n’a pas la forme que tu espérais »… Et c’est ça le plus dur en fait : réussir à accepter qu’une autre idée ou un autre concept puisse être meilleur que ce qui a été imaginé à l’origine.

Quand on a encore un clou à enfoncer quelque part et un message à faire passer…
Du coup, vous vous souvenez probablement de ce que j’ai dit à propos de la SACEM ? Alors bien que j’ai littéralement chié sur la Société des Auteurs Compositeurs et Éditeurs de Musique en disant qu’ils ne veulent pas reconnaître la protection des auteurs qui utilisent l’IA, j’ai sans doute largement chié dans la colle et je m’explique. En réalité, la SACEM précise qu’une création autonome par l’IA ne peut pas être protégée ce qui est une réalité puisque point d’auteur il n’y aurait… Mais dans le même temps, l’intelligence artificielle ne génère pas de façon autonome s’il y a un utilisateur derrière et surtout s’il utilise ses propres paroles voire maintenant sa propre musique. Je peux donc à priori faire protéger ma musique par la SACEM vu que je rentre dans les critères… Cela dit, je prendrais concrètement le temps de contacter la SACEM avant pour être sûr que c’est bien le cas parce que ce serait quand même la grosse enculade de payer les 100 € d’adhésion pour qu’au final on vienne me dire « euh… en fait non, on refuse vos compos générées par l’IA parce qu’on estime que niveau auteur-compositeur vous ne valez que dalle ». On ne sait jamais, affaire à suivre… Comme d’ailleurs cette histoire de génération de composition à partir d’un fichier musical présent depuis la version 3.5 de SUNO et au départ exclusivement réservé aux comptes PRO et PREMIER.
Dernier point qui me parait important, c’est que maintenant au moins je suis rassuré quant au projet « PrEvIoUsLy UnReLeAsEd » parce que je sais qu’il va pouvoir se faire d’un point de vue matériel. Il était utile de le vérifier et avec tous les changements que ça induit, ça change un peu ce qui avait été imaginé au départ du projet mais pas tant que ça finalement. Je m’explique : pour créer des contreparties physiques j’aurais toujours besoin de posséder les droits commerciaux des musiques que je vais générer et là je vais faire un peu d’économie sur le coût des abonnements puisqu’au final je n’aurais pas besoin de 6 abonnements mais seulement d’un abonnement et la blague c’est que le « mois d’essai » que je comptais faire bah… Je l’ai déjà transformé en abonnement annuel donc je peux tout de suite me mettre au boulot sur le projet et générer les versions finales des compos que je vais mettre sur ma collection d’albums, que je vais présenter au prochain article parce que bon, mes articles sont déjà assez fournis, non ?




